Ils ont commencé à deux. Ils sont désormais onze. La Confiserie Leblanc connaît une ascension incontestable depuis que la petite entreprise créée à Mane en 2008 et rachetée en 2016 par Olivier Baussan a investi les locaux restés vacants de la librairie Le Bleuet à Banon. 

Frédéric Leblanc verse délicatement de la confiture de figues dans les cadres disposés pour recevoir ce qui deviendra quelques minutes plus tard de la pâte de fruits. « Ensuite, elle sera découpée manuellement, indique le directeur de la confiserie à qui il a donné son nom. Les fruits sont achetés entiers avec une origine terroir qui garantit leur traçabilité. C’est une petite activité au sein de l’entreprise, tout comme les confitures, mais qu’on tend à développer un peu ». 

Le gros de l’activité reste néanmoins la pâte à tartiner. « Une pâte à tartiner aux noisettes, aux amandes ou aux pistaches, bio, sans huile de palme, qu’on travaille pour notre marque ou celle du groupe », précise encore le confiseur, dont l’entreprise a pris un tournant considérable depuis son installation à Banon dans des locaux initialement construits pour stocker les livres de la librairie Le Bleuet.

Un tournant qui a, en fait, débuté en 2016, lorsque la petite entreprise A&B Senteurs installée à Mane et spécialisée dans les arômes alimentaires a été rachetée par Olivier Baussan, attestant, une fois encore, du flair incomparable du fondateur de l’Occitane pour dénicher les tendances.

A&B Senteurs, rebaptisée Confiserie Leblanc viendra alors grossir les rangs de son groupe Territoire de Provence avec la Maison Bremond à Peyruis, la Biscuiterie de Forcalquier et la Confiserie du Roy René à Aix-en-Provence.

Un virage marquant les débuts d’une tranquille ascension, la petite entreprise manaraine étant passée de deux à onze salariés depuis son installation à Banon dans des locaux flambants neufs inaugurés en janvier 2019. 

Pour Frédéric Leblanc, cette évolution se situe dans la suite logique d’une carrière tournée vers la confiserie, comme n’en témoigne absolument pas son physique de coureur de fond. « Je mange toute la journée, mais je compense en faisant du sport », sourit-il derrière son masque. 

Après être sorti de Montpellier Polytech avec un diplôme d’ingénieur en technique des industries alimentaires, il a travaillé durant 19 ans chez François Doucet avant d’intégrer en 2012, A&B Senteurs. 

Créativité et originalité

S’il se fait fort de mettre sa créativité au service du groupe ou de ses clients historiques pour lesquels la confiserie a toujours travaillé à façon, la marque de la Confiserie Leblanc tend désormais à se développer avec des produits originaux comme les amandes apéritives au fromage de Banon, les amandes aux trois algues de Bretagne, ou encore fruits secs enrobés de chocolat, autre spécialité de la confiserie banonaise. 

Des produits réalisés avec des recettes exemptes d’additifs en tout genre, magnifiés par une identité visuelle en phase d’élaboration qui devrait afficher un design et un packaging tout aussi épurés. « On essaie d’éliminer le plastique et quand on ne peut pas, on limite, résume Frédéric Leblanc. Notre objectif, c’est que le groupe puisse proposer des produits traditionnels qualitatifs avec le moins d’impact environnemental et un sourcing local quand c’est possible ». 

L’entreprise est d’ailleurs engagée dans une démarche RSE qui se traduit sur le terrain par la volonté d’améliorer le bien-être des salariés au travail, en investissant dans du matériel adapté comme des plateformes élévatrices, en leur proposant des bouchons anti-bruit ou en révisant l’éclairage. Cela passe aussi par une démarche très pédagogique à leur endroit.          « Nous avons installé des ruchers. Vu que nous avons des lavandes, autant que les abeilles en profitent, souligne Frédéric Leblanc, également féru d’entomologie. On voulait qu’il y ait un but éducatif par rapport au personnel. Cela permet d’engager les discussions. Résultat : aujourd’hui, quand un insecte ou une araignée rentre dans l’usine, les salariés le remette dehors au lieu de le tuer ».

Une démarche éco-friendly

D’une superficie de 2400m², l’ex-entrepôt loué par la communauté de communes Haute-Provence Pays de Banon est par ailleurs conçu selon les normes HQE. 

Un état d’esprit très en phase avec la démarche très eco-friendly du groupe qui a donné lieu à la création de l’association Act for Planet, présidée par Alexis Bertucat. Créée afin de développer l’agroforesterie sur la région, l’association s’est engagée à planter des châtaigniers en zone agricole. Une première parcelle avec 300 châtaigniers a été plantée en 2019 et trois autres avec 500 châtaigniers de plus en 2020.  « Notre but est de lutter contre le réchauffement climatique et de protéger la biodiversité. » explique Alexis Bertucat, dont l’association soutient également la LPO et la filière apicole provençale, tout en appuyant le projet de réintroduire le pistachier en Provence. 

Pour l’entreprise de confiseries banonaise, cela passe par un approvisionnement, autant qu’il est possible, en produits locaux. 

Evidemment, la faible production régionale en amandes ne permet pas de répondre à la demande de l’entreprise. Ce n’est pas pour autant que la confiserie sacrifie à la tentation de s’approvisionner en Californie. « Nous ne nous approvisionnons pas en amandes américaines, tant pour leur qualité gustative que pour des raisons écologiques », insiste Alexis Bertucat, avec cette fois sa casquette de responsable RSE du groupe Territoire de Provence. « Nous nous approvisionnons en zone méditerranéenne, en Provence autant que possible, mais nous travaillons -aussi beaucoup avec l’Espagne ». 

Une pratique qui s’inscrit dans la politique de structuration de la filière amande qui, d’ailleurs, a débuté sous l’impulsion d’André Pinatel… et d’Olivier Baussan.

Article  et photos: Stéphanie Martin