Bien connue pour les valeurs humanistes qu’elle met en pratique notamment par des actions favorisant une production respectueuse de l’environnement et le commerce équitable, l’entreprise Terre d’Oc s’inscrit également dans la démarche RSE.

A peine semble-t-il nécessaire de présenter Terre d’Oc, acteur incontournable de l’économie bas-alpine, spécialisé dans la cosmétique bio et grand défenseur du commerce équitable. Et pourtant ! Fondée en 1995 suite à la rencontre du fondateur de Nature & Découvertes François Lemarchand, avec Patrick Lions et Valérie Roubaud, toujours à la tête de l’entreprise installée sur la commune de Villeneuve, l’entreprise n’a cessé d’évoluer. Si le secteur de la senteur a d’abord figuré en tête des gammes de produits proposés, la cosmétique  s’imposera très rapidement et, avec elle, la volonté de développer un commerce équitable. « Notre souhait était de travailler avec des matières premières comme le beurre de karité ou encore la figue de barbarie, qui nous permettent de partager les savoir-faire des populations autochtones et de leur offrir une meilleure rémunération », explique Emmanuelle Bertin, responsable développement durable et RSE. 

Terre d’Oc sera certifiée par l’organisme certificateur Ecocert en bio en 2006, puis obtiendra la labellisation Equitable (aujourd’hui Fair for Life)  dans la foulée. Et depuis 2009, Terre d’Oc est attestée For Life pour sa responsabilité sociétale des entreprises avec une note excellence.

Le thé sera le troisième secteur où Terre d’Oc développera une gamme de produits aussi riche qu’originale. Parmi ces produits figurent notamment la collection des « thés de l’hospitalité », issus de terroirs russe, japonais, du Sri Lanka, d’Inde, de Chine ou encore d’Afrique du Sud. 

Et à chaque fois, poursuit Emmanuelle Bertin, « nos produits ont été fabriqués dans une démarche de respect des petits producteurs ». C’est le cas du rooibos d’Afrique du Sud, qui a fait l’objet, l’an dernier, d’une démarche Fair for Life de la part de Terre d’Oc, afin de soutenir des projets auprès des femmes telles que l’accès à des formations, à la contraception et d’une manière plus générale à la santé. Une prime de 5 % des achats de rooibos équitable est ainsi versée en plus, pour financer ces actions. 

« Depuis deux ans, on développe également des produits de bien-être aux huiles essentielles  », poursuit Emmanuelle Bertin. Des produits commercialisés par le biais de l’enseigne Nature & Découvertes, qui a racheté Terre d’Oc en 2017, avant de l’être elle-même par le groupe  Fnac Darty l’été dernier, offrant à l’entreprise bas-alpine un rayonnement européen à fort potentiel. « Tout ce qui est cosmétiques et senteurs est désormais développés sous la marque Nature & Découvertes, et les collections de thé et de saveurs sous la marque Terre d’Oc  », précise la responsable développement durable. Un « recentrement » sur cette gamme de produits qui n’est pas le fait du hasard. «  C’est une idée de longue date à laquelle notre présidente tient beaucoup. Entre autres choses, cela lui permet d’aller à la rencontre des producteurs, ce qui est très important ». Vendus en vrac ou en coffrets, les thés et infusions représentent aujourd’hui près de la moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise, (40%)  qui est de l’ordre de 10M€. L’entreprise ayant adhéré au mouvement « 1% pour la planète », Terre d’Oc consacre ainsi 1% dudit chiffre d’affaires au financement d’associations de préservation de l’environnement (soutien du mouvement « Nous voulons des coquelicots », les associations La Terre en Partage, Kynarou, WECF, Mini Big Forest…). Engagement qui se traduira prochainement par l’accueil d’un café 1% pour toutes les entreprises qui souhaitent connaitre le fonctionnement de cette démarche.

« Vous faites de la RSE sans le savoir »

Autant dire que Terre d’Oc ne laisse passer aucune occasion de mettre en pratique ses valeurs humanistes. Un mode de fonctionnement qui a conduit tout naturellement l’entreprise à entamer une démarche RSE (responsabilité sociétale des entreprises). Sans même le faire exprès, d’ailleurs ! « C’est à l’occasion d’une rencontre avec des consultants très intéressés par la RSE que ces derniers nous ont dit : vous faites de la RSE sans le savoir ».

« De fait, souligne encore Emmanuelle Bertin, la RSE, ça commence avec la bio, le bien-être des salariés, ou encore des démarches en faveur de l’environnement pour lesquelles nous sommes certifiés ISO 14001 depuis 2009 ». 

Un ensemble d’initiatives qui ont conduit Emmanuelle Bertin à s’y consacrer pleinement. « Quand on met le doigt dans l’engrenage, on ne s’arrête plus, confie-t-elle. Je travaille à plein temps sur le développement durable, l’agriculture biologique, le sourcing des matières premières ou encore les filières commerce équitable ». Et bien sûr la RSE. « En matière environnementale, cela comprend la limitation des gaz à effet de serre, ce qui induit d’utiliser des moyens de transport économes en carbone. Nous excluons le transport par avion au profit du transport par bateau, 76% de nos achats sont effectués en France et si on peut travailler en bio et en local, c’est l’idéal ».

Dans les couloirs de l’entreprise, des dessins tapissent tout un pan de mur. « Nous avons organisé un concours de dessins avec des écoles sur le thème du recyclage des déchets. Nous organisons aussi des projections de films ou des concours photo. La RSE passe aussi beaucoup par les actions de sensibilisation  », poursuit Emmanuelle Bertin. L’entreprise travaille d’ailleurs régulièrement en partenariat avec le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement et France Nature Environnement  04.

Outre le jardin partagé dont les salariés peuvent profiter entre midi et deux, ils se voient offrir chaque année « une mise au vert pour faire le bilan de l’année écoulée sur le volet environnemental, qui se poursuit par une visite sur le terrain, chez un producteur par exemple. Nous sommes ainsi allés rencontrer un trufficulteur ou encore visiter une ferme photovoltaïque. Nous avons de très bons retours de ces réunions ».  

Emmanuelle Bertin poursuit : « J’ai également à ma charge tout un volet sécurité. Par exemple, nous allons faire des travaux dans l’atelier senteur. L’idée est vraiment de supprimer les risques autant que possible. On inclut les salariés dans les études des différents postes afin de voir comment on peut éviter notamment l’apparition de troubles musculo-squelettiques  ».

Sans oublier la valorisation des déchets. « Ça a été mon premier axe de travail. Aujourd’hui, 75% des déchets produits sont revalorisés et on travaille notamment avec  CMR Recyclage à La Brillanne ». 

Et la liste des actions menées n’est même pas exhaustive ! 

En fin de compte, résume Emmanuelle Bertin, «  il faut que l’entreprise puisse créer de la richesse  tout en donnant du sens à notre travail. Parce que le travail ne doit pas avoir pour seul objectif de s’enrichir ». 

Article  et photo: Stéphanie Martin