Le commerce dans les Alpes-de-Haute-Provence compte 2 855 entreprises et 7 120 emplois salariés. Les dix principaux pôles commerciaux du département (Manosque, Digne-les-Bains, Sisteron, Forcalquier, Oraison, Peipin, Peyruis, Château-Arnoux-Saint-Auban, Barcelonnette et Valensole) concentrent plus de la moitié des commerces du département et plus de 80 % des emplois.
Manosque est le principal pôle commercial du département : 2 commerces du département sur 10 y sont implantés employant 4 salariés sur 10 du secteur.

Plus de 250 000 m² de surface commerciale en grande et moyenne surface (GMS)

Les surfaces commerciales en GMS augmentent 5 fois plus vite que la population
La superficie commerciale des grandes et moyennes surfaces (GMS), généralistes et spécialisées, est estimée à plus de 250 000 mètres carrés à fin 2018. De 1999 à 2018, la superficie commerciale en GMS a plus que doublé, passant de 120 000 m² à 250 000 m² en deux décennies, soit une progression annuelle moyenne de 4 %. Dans le même temps, la population départementale a progressé de 16 %, passant de 140  000 à 162 000 habitants, soit une progression de 0,8  % par an.

La densité commerciale a presque doublé entre 1999 et 2018.
En conséquence de cette évolution croisée suivant deux dynamiques très différentes, la densité commerciale qui était de 866 m²/1000 habitants à la fin des années 90, a grimpé à plus de 1560 m²/1000 habitants vingt ans plus tard. En France, la densité commerciale moyenne en GMS est estimée à 1000 m²/1000 habitants (Source PROCOS).

Le bilan des CDEC/CDAC* de 1998 à 2018 dans les Alpes-de-Haute-Provence.
*Avant 2009, la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) statuait sur la création et l’extension des surfaces de vente des commerces de détails de 300 m² et plus. Depuis 2009, la loi de modernisation de l’économie, dans une optique de stimulation de la concurrence, a remplacé la CDEC par la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC), qui facilite l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché, notamment en déplaçant le seuil d’autorisation de 300 à 1000 m².

245 000 m² de surfaces commerciales déposées, 150 000 m² autorisés.
Parmi les 245 000 m² issus de projets déposés en CDEC/CDAC de 1998 à 2018, près du tiers, soit 150 000 m², ont été autorisés et sont sortis de terre dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Quatre pôles commerciaux concentrent 80% des surfaces demandées et accordées.
Les quatre principaux pôles commerciaux en termes d’importance de leur appareil commercial existant, Manosque, Digne-les-Bains, Peipin et Sisteron, sont également ceux qui concentrent la grande majorité des demandes d’aménagement commercial supplémentaire (81 % des surfaces demandées et 79 % des surfaces accordées).
Au total, les projets déposés en CDEC et CDAC depuis 20 ans ne concernent que 23 des 198 communes du département.

Près de 70 000 m² de superficie commerciale nouvelle en équipement de la maison dans le département.
Les quatre principaux pôles commerciaux concentrent également les trois-quarts des aménagements commerciaux en équipement de la maison, dont 22 000 m² sur la seule commune de Manosque. Après l’équipement de la maison qui concentre près de la moitié des superficies installées en GMS, 42 000 m² de grandes surfaces alimentaires ou généralistes ont vu le jour dans les Alpes-de-Haute-Provence entre 1998 et 2018.

Le mot de Jean-Pierre Pradalier, président de la commission Commerce de la CCI
« Ce document de cadrage met en lumière combien la densité de l’offre commerciale est dans les AHP, particulièrement élevée et amplement supérieure à la moyenne nationale. Cette situation est la conséquence de la multiplication de centres commerciaux dont la création a été encouragée par nos responsables politiques au cours des trente dernières années, avec pour objectif de lutter contre l’inflation et de favoriser l’emploi ; ceci sans considération pour les effets négatifs de l’explosion de la présence de GMS à la périphérie de nos villes, sur le commerce de proximité dont le tissu s’est parallèlement étiolé et se trouve aujourd’hui en souffrance.
A l’heure où la priorité est donnée à la reconquête de nos centres anciens dans le cadre de programmes de revitalisation comme « Cœurs de Ville », notre CCIT fortement impliquée dans ce dispositif auprès des EPCI, veillera à ce que la CDAC assume intelligemment sa mission de régulation. En substance, nous interviendrons dans l’optique de contribuer à ce que cette Instance prenne des décisions économiquement raisonnables qui n’aient pas pour effet d’accentuer le déséquilibre existant entre l’offre intra-muros et l’offre proposée en zones commerciales. Nous devons agir en élus consulaires responsables, faire preuve de courage et de cohérence et ne pas entretenir les causes dont nous dénonçons la nocivité sur l’activité marchande de nos centres-villes.
Pour autant, il va de soi que si une demande d’autorisation d’exploitation porte sur un secteur professionnel dont l’implantation où l’extension concourra à conforter l’attractivité du commerce local, nous soutiendrons le projet qui nous sera soumis. «