Quatre ans après avoir pris avoir intégré l’entreprise familiale, Célia Nicolosi, aujourd’hui directrice commerciale de la TPE créée par son père en 2004, a impulsé une dynamique de commerce à l’export qui a conduit Nicolosi créations à doubler son chiffre d’affaires. Entre autres…

Quatre ans après avoir pris avoir intégré l’entreprise familiale, Célia Nicolosi, aujourd’hui directrice commerciale de la TPE créée par son père en 2004, a impulsé une dynamique de commerce à l’export qui a conduit Nicolosi créations à doubler son chiffre d’affaires. Entre autres…Quelque mois après son arrivée dans l’entreprise, son père Philip Nicolosi, gérant de l’entreprise de parfumerie Nicolosi créations l’avait dit : « ma fille donnera un élan supplémentaire à l’affaire ». Célia Nicolosi venait alors d’obtenir un diplôme en marketing à l’université d’Etat de San Diego après avoir fait des études en management international à Kedge business school, la grande école de commerce marseillaise, alors connue sous le nom d’Euromed Management.
Quatre ans après son retour en pays dignois, la jeune femme de 28 ans, désormais directrice commerciale de l’entreprise, a largement tenu ses promesses en développant le marché de Nicolosi créations à l’international, créneau historique de la petite entreprise créée en 2004.


« On n’a jamais cherché à se développer en France, parce que le marché y est trop saturé », rappelle Célia Nicolosi. Cela fait en revanche quelques années que les parfums d’ambiance de Nicolosi créations connaissent un succès grandissant en Asie. « Quand je suis arrivée dans l’entreprise, j’ai fait un point avec la CCI pour réaliser un diagnostic visant à déterminer ce que je devais mettre en place pour développer l’entreprise à l’international. Suite à ce diagnostic, on a vite signé de petits contrats, puis des contrats plus importants, tout particulièrement en Corée, qui est aujourd’hui notre principal client et représente environ 40% du chiffre d’affaires de l’entreprise. A présent, nous avons de nouveaux marchés qui se développent dans d’autres pays d’Asie comme aux Philippines, qui est le plus récent », détaille la jeune femme dont l’investissement dans l’entreprise familiale a eu un effet bénéfique incontestable : le chiffre d’affaires de Nicolosi créations a plus que doublé depuis que Célia a pris les rênes.


Progression et développement


« Nous avons connu une belle progression. On a multiplié notre chiffre d’affaires par 2,5 depuis mon arrivée, en passant de 400 000€ de chiffre d’affaires à 1M€ », admet modestement cette directrice commerciale ultra énergique qui est également CCEF (conseiller du commerce extérieur de la France) et vient de créer, en parallèle de son activité dans l’entreprise familiale, le laboratoire Astelia, une société comptant quatre associés et spécialisée dans la R&D sur des produits de parfumerie « à valeur santé aoutée », indique Célia. « Notre slogan est « protège et parfume ». Cela nous a conduits entre autres à créer quatre formules de solutions hydroalcooliques ». Ces solutions qui n’avaient pas encore été mises sur le marché sont arrivées à point nommé lorsque la crise du Covid-19 a débuté en mars dernier. « On a commencé par réserver le marché aux professionnels mais, désormais, nous vendons ces solutions également aux particuliers », précise Célia.
Ce coup de boost que Célia Nicolosi a impulsé à la petite entreprise lui vaut d’ores et déjà d’avoir été mise en lumière pour son dynamisme dans le monde économique.

Outre un portrait dans l’édition 2018 du Magazine des 50 personnalités pour la région Paca, elle s’est vu décerner la même année le trophée Femme à l’international, lors de l’édition Provence-Alpes-Côte d’Azur et Monaco 2018 des trophées « Femmes de l’économie ». La tentation serait grande de considérer ce prix comme une sous-catégorie moins prestigieuse que celles auxquels les hommes accèdent. Célia Nicolosi y a d’ailleurs pensé. « Au début, j’étais contre, mais une fois que j’ai découvert le trophée, j’ai trouvé que cela constituait pour moi une occasion de découvrir des profils de femmes assez incroyables et variés. Des femmes surdiplômées, ou a contrario sans diplôme, qui manifestaient une résilience et une force assez inspirantes », analyse-t-elle. De surcroît, « on a souvent tendance à récompenser les grands groupes où la direction est plutôt masculine et c’est bien de faire découvrir d’autres types d’entreprises, qui nous éloignent des stéréotypes du dirigeant type titulaire d’un master 2 obtenu à HEC. Rétrospectivement, je trouve donc que ces trophées sont une bonne initiative », poursuit la jeune femme, qui suppose que ce coup de projecteur n’est pas sans lien avec le caractère atypique de l’entreprise.
Car Nicolosi créations est et restera une petite entreprise artisanale comptant tout juste une dizaine de salariés, malgré l’ouverture d’un nouveau site sur Manosque. « Ce site doit nous permettre de nous réorganiser afin de pouvoir répondre à la demande. Nous sommes arrivés à un point où nous sommes dans un goulot d’étranglement, mais notre but n’est pas de développer un grand groupe parce que nos produits restent du ‘fait main’ et que l’on ne pourra jamais complètement s’industrialiser. De plus, c’est ce qui fait notre identité ; si on industrialisait, ça ne fonctionnerait plus du tout ».


Article et photo : Stéphanie Martin